La peur cache un grand désir

Après avoir abordé la tristesse, puis la colère, nous voici arrivé à la peur.

Je vois combien j’ai procrastiné pour écrire cet article ! C’est très révélateur de cette émotion que j’ai longtemps préféré refouler. Dès que j’avais une peur qui montait, une vague de mépris l’accompagnait en mode « peuh ! n’importe quoi ! »

Je ne traversais pas mes peurs puisque je ne leur donnait pas de crédit. Le soucis c’est que non seulement ça ne me rendais pas plus courageuse (parce que du coup j’adoptais très souvent la méthode de la fuite pour ne rien ressentir), mais en plus ça me coupait d’une partie de moi. D’un signal de mon corps qui m’exprimait quelque chose. Et comme on le dit souvent : là où il y a de la peur, il y a un désir caché.

La peur c’est le plus grand indice pour accéder à mes désirs, à mon élan vital. Si j’ai peur, cela veut dire que ça compte pour moi, sinon je serais indifférente. Quand tu ressens une vague de peur, tu peux te poser cette question : « Qu’est-ce qui compte pour moi ? » Et une fois que tu as identifié ce que c’est, tu peux te dire en pensée, en imaginant que les mots se posent sur ton cœur : « ceci », compte pour moi ».

Peut être qu’il est temps de se réconcilier avec cette émotion. Lorsqu’on a beaucoup de peurs, c’est peut être que l’on s’est désaligné de ses désirs et que l’on vit loin de soi. Mon astuce : noter mes peurs sur un papier pour me retrouver.

La peur : une tension face à la Vie

« Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre,
          le Seigneur Dieu l’appela et lui dit :
« Où es-tu ? » 
          L’homme répondit :
« J’ai entendu Ta voix dans le jardin,
j’ai pris peur parce que je suis nu,
et je me suis caché. » 
Gn 3, 9-10

Pendant longtemps, j’ai lu ce « Où es-tu ? » avec ma peur de petite fille qui se cache pour ne pas être grondée. D’ailleurs c’est un moment flippant où Dieu arrive et chasse Adam et Eve du paradis. On pourrait se demander où est le désir là dedans. Juste une personne a fait une bêtise, entend les pas de papa qui arrive et se cache en espérant que ça va passer. Finalement Dieu le trouve easily parce qu’il est omniscient et lui dit de quitter le Paradis vite fait pour le punir.

L’appel de la Vie

Et puis un jour on m’a suggéré que ce « Où es tu ? » était plein de tendresse. ça m’a fait réfléchir. Et si c’était un appel en fait ? Et si Adam et Eve avait quitté le paradis dès l’instant où ils ont mangé le fruit ? Que Dieu ne les fâchent pas mais qu’Il leur fait savoir pour rallumer en eux le désir de ce Paradis, pour qu’ils puissent le retrouver, parce que c’est leur vrai nature. Et si on remplace le mot « Dieu » par « la Vie », ça devient finalement logique que lorsqu’on est connecté à Lui on est vivant et que lorsqu’on est déconnecté de Lui on est comme mort. Et si notre vrai nature c’était d’être connecté à Lui ? Et si le péché c’était simplement lorsqu’on est séparé de Lui et donc qu’on est un peu mort vivant ?

Est-ce que c’est juste parce que Dieu me dit ça, que je devrais lui faire confiance aveuglément pour avoir une chance de rentrer dans ses grâces ? Ou bien est-ce que c’est quelque chose que je peux ressentir moi-même : ces moments où je choisis la Vie et ces moments où je choisis la Mort ? Je crois que oui.

Comment répondre à cet appel ?

C’est bien beau tout ça mais alors comment répondre à cet appel ? Parce que là c’est plutôt badant de se dire que je flirte régulièrement avec la Mort.

Et bien d’abord en répondant à cette question : Où j’en suis ? De quoi j’ai peur en ce moment ? D’écrire pour démêler tout ça. Puis les dire à quelqu’un de confiance en lui demandant de juste entendre sans faire aucune remarque. Juste pouvoir exprimer ses peurs en étant accompagné d’une présence bienveillante. Et là ça soulage.

La première fois que j’ai fait cette exercice c’était tellement dur pour moi ! J’avais honte et je voulais me cacher et disparaitre. Et puis je me disais : à qui je vais bien pouvoir dire un truc pareil ? Est-ce que je vais contaminer l’autre avec mes peurs ? On risque de grave me juger. Et finalement j’y suis allée quand même. Je regrette pas. C’est une grande expérience à vivre. Et que peut être certains enfants ont la chance de vivre avec leur parents dès leur plus jeune âge. Moi certaines de mes peurs étaient devenus des monstres dans mon esprit tellement je les avaient refoulées. Et une fois que j’ai pu les exprimer, elles sont devenues plus petites. Certaines même m’ont quittées.

Une fois que l’on sent que l’on sait accompagner sa peur, on peut passer à l’étape suivante.

Danger VS inconnu

Pour le cerveau reptilien il existe deux catégories d’évènements. Le connu et l’inconnu. Pour lui le connu est égale à sécurité et l’inconnu est égale à : danger. Pourtant parfois ce que je connais est dangereux mais comme j’ai grandi dans cet environnement je ne m’en rend pas compte. On voit souvent cet exemple avec les femmes battues qui ont grandi dans une famille où on les battaient et qui choisissent un homme qui les battent comme conjoint car elles associent le fait d’être battues au fait d’être aimées.

Cette zone de confort, c’est intéressant d’aller l’explorer et la questionner pour voir si elle est vraiment sécurisante pour moi ou si au contraire je me met en danger en rejouant les drames du passé.

Ce qui se trouve en dehors de ma zone de confort : c’est l’inconnu. Et pour mon cerveau reptilien c’est le danger ultime. Sauf qu’en réalité, c’est là où se trouvent tous mes grands désirs. C’est les fameuses peurs qui cachent un désir ! Cela ne veut pas dire que chaque peur cache un grand désir, parfois on a peur parce que c’est vraiment dangereux. C’est pour ça que c’est intéressant d’accompagner cette émotion. Parce qu’une fois qu’on est un peu plus familier avec la peur, on est en mesure d’aller en subtilité et de faire le tri.

Partage nous dans les commentaires comment tu te sens en lisant cette article. Est-ce qu’en lisant cet article tu perçois la peur autrement ? Est-ce que tu as envie de la redécouvrir comme une alliée ?

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